Tomahawk!!!
La rue morte fut giflée par ma porte en bois, <br />Mon doigt frappa l'interrupteur de la lumière <br />Et j'allais nu, lorsque mes tâches ménagères <br />Me sonnèrent comme un domestique drômois. <br /><br />Ma table anorexique vomissait des lettres <br />Tachées de vin sous du pain sec et un cendrier. <br />Mes affres monétaires muselaient mon courrier <br />Dans ce pauvre décor où vivait mon mal être. <br /><br />Le cœur fade, je laissai moisir la vaisselle. <br />S'éclaira la télé. C'était le journal. <br />Une perruque exhibait d'un air banal <br />Au peuple anesthésié sa démence éternelle. <br /><br />Bientôt vinrent à moi cent mille cris aigus, <br />Fiers et sauvages qui possédèrent mon corps <br />Jusqu'à pénétrer mes sens comme une aurore <br />Qui rendis son visage à mon âme perdue. <br /><br />Un jeu de lumière s'empara de l'écran: <br />Ma gueule mordit le journaliste étonné <br />Par ma longue tignasse toute ébouriffée! <br />Ma peau recouvra des peintures rouge sang! <br /><br />De l'incongrue vision naquit ma certitude: <br />Je ne suis de ce siècle ni de ce pays! <br />Je suis l'indien perdu sous les toits ennemis! <br />Un rescapé condamné à sa solitude! <br /><br />Cette nuit là, chiens, hiboux, poètes, orphelins <br />Et éther, tous témoin de mon cri sursautèrent, <br />Ancestrale et effroyable hache de guerre <br />Reparties scalper des crânes pour la toussaint! <br /><br />Loups, totems, chanvre, tentures indiennes, encens, <br />Au vent les chevelures brunes sur mon cœur ivre, <br />Depuis cet instant ne cessent de me poursuivre <br />Comme une vie antérieure à deux cent ans. <br /><br />Loup des steppes <br />navajo.canalblog.com